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Histoire des arts dans l’académie de Lyon
L’enseignement de l’histoire des arts dans les établissements de l’académie de Lyon

L’enseignement de l’histoire des arts dans les établissements de l’académie de Lyon : de l’épreuve au D.N.B. aux options proposées au Lycée.

Programme de la classe de Terminale L pour l’année 2011-2012
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En classe terminale, l’enseignement de l’histoire des arts s’attache à développer les acquis culturels et méthodologiques de la classe de première en les appliquant à l’étude de questions précises. Une partie de ces dernières est renouvelée chaque année. La limitation de la période étudiée au XXe siècle aspire à donner aux élèves les moyens de mieux appréhender leur cadre de vie et comprendre la création artistique contemporaine, à partir de trois questionnements qui offrent une focalisation progressive sur la production artistique par des approches complémentaires :

  • la première, généraliste, offre un cadre fédérateur qui prend en compte le caractère essentiellement urbain de la civilisation contemporaine et permet, à partir de trois entrées ciblées, d’étudier des œuvres en les situant dans l’imaginaire de notre époque et dans les pratiques artistiques, politiques et sociales du siècle qui vient de s’achever ;
  • la deuxième, plus thématique, porte sur un ensemble précis de productions artistiques afin de confronter les élèves à l’étude d’œuvres ou d’événements culturels marquants de ce siècle ;
  • la troisième, plus monographique, a trait à l’aventure singulière de créateurs, témoins majeurs du XXe siècle, et permet à l’élève de découvrir les œuvres à partir de leur genèse, de leur environnement et de leur réception.

L’enseignement s’appuie sur deux composantes fondamentales : une approche culturelle d’une part, l’acquisition de savoirs et d’outils méthodologiques et conceptuels d’autre part.

Les deux composantes fondamentales du programme

L’approche culturelle

Il s’agit de repérer des moments particulièrement forts de la production artistique du XXe siècle en s’appuyant, à titre d’exemple, sur des œuvres significatives, des écrits d’artistes, des textes théoriques. Cette démarche a pour vocation de susciter la curiosité de l’élève pour la vie culturelle et artistique contemporaine et s’enrichit, en classe terminale, d’une réflexion sur l’esthétique. Cette approche permet aussi, à travers l’étude de réalisations majeures du XXe siècle, une compréhension des processus artistiques, de la vie culturelle et de l’environnement urbain, qui participe à la construction d’une identité culturelle et d’une citoyenneté contemporaine.

L’acquisition de savoirs et d’outils méthodologiques et conceptuels

Il ne s’agit pas de suivre un déroulement chronologique de l’histoire des arts au XXe siècle mais de faire apparaître les relations entre les arts et la vie sociale et culturelle à partir de trois grands questionnements.

Les deux ensembles du programme

Le programme comporte un ensemble commun obligatoire et un ensemble libre se répartissant approximativement entre quatre cinquièmes de l’horaire global pour le premier et un cinquième pour le second.

L’ensemble commun obligatoire

Le programme porte sur le XXe siècle et s’articule autour de trois grandes questions d’importance égale et qui seront traitées avec la même attention : 1. Arts, villes, politiques et sociétés ; 2. Œuvres, événements culturels au XXe siècle ; 3. Un artiste dans son temps. Seule la première de ces questions est permanente et, à ce titre, plus particulièrement détaillée ci-dessous avec les trois entrées qui la constituent ; les deux suivantes font l’objet d’un programme limitatif renouvelé en partie chaque année.

1 - Arts, villes, politiques et sociétés

L’avènement d’une société majoritairement urbaine est un des faits marquants du XXe siècle, qui entraîne une mutation des conditions de la commande et de la production artistique. Cette première question permet de s’interroger sur ces processus à partir de trois entrées - « Arts et villes au XXe siècle », « Les artistes et l’architecture », « Politiques culturelles en France depuis 1945 » -, qui amènent à analyser respectivement la production de la ville et le regard porté sur elle par les artistes, les conditions de la création dans le contexte des politiques culturelles locales, et la position de l’artiste dans le cadre architectural de la ville contemporaine. Les deux entrées - « arts et villes au XXe siècle » et « les artistes et l’architecture » - présentent des liens forts et une certaine cohérence. On les traitera en complémentarité en utilisant le plus souvent possible des exemples communs.

Arts et villes au XXe siècle

Il s’agit d’analyser comment, entre rêve et réalité, divers acteurs du cadre urbain répondent aux évolutions des sociétés contemporaines, et d’étudier ainsi les interactions entre les arts et la ville, dans leur dimension poétique, politique et sociale. À cet effet, les études de cas choisies par l’équipe pédagogique favorisent une approche croisée de cette entrée à travers les problématiques de :

  • la ville imaginée, qui s’attache à la dimension poétique de ces interactions en interrogeant la nature et la fonction de l’utopie urbaine à partir d’exemples d’utopies architecturales ou urbaines pensées par des chorégraphes, des cinéastes, des hommes de théâtre, des musiciens ou des plasticiens (dessinateurs de BD, peintres, sculpteurs, ...) ;
  • la ville réalisée, qui offre l’occasion d’aborder la dimension politique de la question par l’étude des divers enjeux de la création urbaine contemporaine et des changements de sens qui s’opèrent de l’utopie à la réalité, en s’appuyant sur l’étude d’une ville reconstruite, d’une ville nouvelle et d’une ville de loisirs ;
  • la « ville en crise » et sa réhabilitation, qui conduit à réfléchir sur la dimension sociale de ce thème d’étude à travers le regard porté par les artistes sur la crise de la ville contemporaine et les remèdes que l’on tente d’y apporter ; on peut ici s’appuyer sur diverses productions artistiques (arts plastiques, cinéma, photographie, spectacles chorégraphiques ou musicaux,...) ou manifestations (ex. l’exposition Mutations à Bordeaux) qui illustrent les disfonctionnements de la ville ou en témoignent, tandis qu’une ou quelques études de cas, éventuellement empruntées au contexte local, permettent d’analyser la nature et les enjeux des tentatives récentes pour remédier à cette crise (ex. : retour à l’urbanité et à l’alignement sur rue, liaisons entre entité patrimoniale et création, Banlieues 89, opérations de réhabilitation et reconversion de friches industrielles, coutures urbaines, ...).
Les artistes et l’architecture

Au XIXe siècle, période étudiée en première, les édifices de la ville offraient aux artistes un champ d’intervention dont les enjeux, sur le plan des ressources économiques ou de la reconnaissance publique, étaient loin d’être négligeables. A l’opposé, l’évolution des conceptions architecturales et des procédés de construction dans la ville du XXe siècle tend à réduire considérablement la place de l’artiste en dehors de quelques exemples exceptionnels (ex. : Musée des arts d’Afrique et d’Océanie, Palais du Trocadéro, ...). Il s’agit donc de s’interroger sur la possibilité de l’intervention de l’artiste dans l’architecture de la ville contemporaine à partir d’études de cas (ex. : le cabaret de l’Aubette à Strasbourg, la Villa Noailles à Hyères, l’église du Plateau d’Assy, la chapelle de Ronchamp, une œuvre du 1 % artistique, le mouvement muraliste au Mexique, ...). Par ailleurs, l’étude d’œuvres d’artistes contemporains tels que Daniel Buren, Christo, Robert Irwin, Jean-Pierre Raynaud, James Turell, Felice Varini, et tant d’autres dont tout ou partie du travail plastique interroge de manière critique la problématique de l’espace architectural ou urbain, peut être l’occasion de se demander s’il ne s’agit pas là d’un déplacement de la position de l’artiste dans l’architecture, plus riche de sens que sa participation effective au décor du bâtiment.

Politiques culturelles en France depuis 1945

Il s’agit ici, à partir de quelques études de cas se rapportant à différentes pratiques artistiques (architecture, arts plastiques, cinéma, danse, littérature, musique, théâtre) et s’appuyant sur le contexte local, de montrer comment, depuis la seconde guerre mondiale, le paysage culturel français a évolué en rapport avec les politiques menées par l’État ou les collectivités locales. À partir de l’activité d’une troupe chorégraphique, d’un orchestre régional, d’un théâtre, d’un musée, ou de toute autre institution culturelle locale on s’interroge sur l’histoire et les productions de cette dernière, en replaçant son activité, les formes de pratiques culturelles auxquelles elle donne lieu, dans le cadre plus général de l’évolution des politiques culturelles menées par l’État ou les collectivités locales. C’est l’occasion de découvrir les structures et le fonctionnement des institutions culturelles et les enjeux des politiques conduites, tout en veillant à analyser en permanence dans quelle mesure ces phénomènes influent sur la création artistique et sur sa réception.

2 - Oeuvres, événements culturels au XXe siècle

Centrée sur un corpus d’œuvres, un mouvement artistique ou un cadrage historique, cette question est l’occasion d’une étude rendant compte des contributions croisées de différentes pratiques artistiques (architecture, arts appliqués, arts plastiques, cinéma, danse, musique, théâtre, ...) .

3 - Un artiste dans son temps

Cette troisième question est illustrée par un artiste ­ photographe, peintre, architecte, cinéaste, musicien, designer, chorégraphe, etc. ­ particulièrement important dans l’art du XXe siècle.

L’ensemble libre

Respectant les objectifs de formation fixés par le programme et prenant en compte le niveau et le goût des élèves, les ressources de l’établissement et de l’environnement et, d’une façon générale, le contexte sous toutes ses formes, l’équipe pédagogique dispose librement de cet ensemble, qu’il s’agisse d’une démarche interne à la discipline, d’une ouverture à l’environnement pédagogique et culturel ou d’une mise en perspective de l’enseignement proposé au cours de ces trois années ou de toute autre question. En conséquence, les items ci-dessous sont donnés à titre d’exemples et d’exemples seulement. Ils n’imposent rien. Ils visent simplement à éclairer le propos.

Dans une démarche interne à la discipline, on pourra notamment :
  • revenir, en cas de nécessité, sur tel ou tel point du programme commun obligatoire qui n’aurait pas été assimilé par l’ensemble des élèves ou par certains d’entre eux ;
  • aborder de nouvelles questions, pouvant notamment concerner des domaines moins traités dans le cadre des questions de l’ensemble commun (danse, musique, théâtre par ex.), afin de donner une ampleur accrue à l’enseignement, tout en soulignant sa cohérence ;
  • s’appuyer sur les nouvelles technologies pour approfondir les méthodes de recherche documentaire et d’analyse (par exemple se livrer à une analyse critique de catalogues d’exposition, de documentaires vidéo, de cédérom, de sites Internet, ...) ou de production de documents (exemples : traiter des images, créer un cédérom, un site Internet, ...), dans le cadre des questions de l’ensemble commun obligatoire, et poursuivre une réflexion sur la relation entre technique et création ;
  • examiner les projets de TPE de chacun, les problématiques qui les orientent, les savoirs, savoir-faire et méthodes qu’ils mobilisent pour une mise en œuvre réussie.
Dans une démarche d’ouverture à l’environnement pédagogique et culturel, on pourra notamment :
  • entrer en relation avec les autres disciplines enseignées au lycée pour travailler sur des thèmes ou des questions complémentaires qui peuvent donner lieu à des approches croisées et instaurer ainsi une véritable interdisciplinarité conduisant les élèves à mieux percevoir la cohérence de leurs études ;
  • consolider les relations entre l’enseignement et la création, l’école et les lieux de vie artistique et culturelle , en utilisant au mieux, de façon continue ou ponctuelle, les ressources offertes par l’environnement et le calendrier des manifestations : chantiers, expositions temporaires, festivals divers, institutions, monuments, spectacles itinérants, voyages d’étude, rencontres avec des professionnels sur leur lieu de travail.
Dans une mise en perspective de l’enseignement proposé au cours des trois dernières années, on pourra notamment :
  • dégager les progressions et le sens de la formation proposée ;
  • montrer les bénéfices que chacun peut en espérer dans une poursuite d’études artistiques ou non ;
  • dresser un bilan pédagogique concernant l’ensemble du groupe comme chacun de ses élèves.